Le Montpellier Hérault Sport Club a respecté la tradition de la Coupe de France en reversant sa part des revenus du match à Canet-en-Roussillon, malgré une vive controverse sur les tarifs pratiqués pour ce 32e de finale disputé au stade Gilbert-Brutus. Cette décision de Laurent Nicollin intervient après une victoire 1-0 des Pailladins, obtenue dans un contexte marqué par des tensions autour de la billetterie. Le président héraultais a confirmé son attachement aux valeurs fondamentales de l'épreuve, privilégiant l'esprit solidaire du football français face aux critiques formulées par les supporters montpelliérains.
La polémique autour des prix pratiqués par Canet
Les dirigeants catalans avaient institué un tarif unique de 20 euros pour tous les spectateurs, y compris les supporters visiteurs en parcage. Cette stratégie tarifaire a suscité l'indignation des Ultras montpelliérains, notamment la Butte Paillade, qui ont qualifié cette décision de « vol » dans leurs communiqués. Le groupe de supporters a estimé que ce montant était disproportionné pour une rencontre opposant une formation de Ligue 2 à un club de National 3.
Jacky Loos, président de Canet-en-Roussillon, a défendu sa position en évoquant la rareté de l'événement et la nécessité pour son club amateur de générer des revenus significatifs. En revanche, cette justification n'a pas convaincu les supporters héraultais, qui ont reproché à l'organisation un manquement à l'esprit traditionnel de la compétition. La polémique avait pris de l'ampleur au point que les Ultras avaient appelé publiquement leur direction à ne pas redistribuer les recettes après le match.
Le geste de solidarité du MHSC confirmé
Malgré les tensions pré-match, Laurent Nicollin a maintenu la pratique habituelle du club en matière de redistribution financière. Le règlement de la compétition prévoit une répartition précise des revenus générés lors des rencontres :
| Bénéficiaire | Part de la recette |
|---|---|
| Club receveur | 35% |
| Club visiteur | 35% |
| Fédération française de football | 30% |
Le président montpelliérain a qualifié cette décision de simple question de logique, expliquant que tant que l'accueil reste correct et qu'aucun incident majeur ne survient, il n'y a aucune raison de déroger à cette tradition. Dans l'émission Montpellier Sport Club, Laurent Nicollin a précisé que ce geste relève des valeurs fondamentales du club et représente davantage du bon sens qu'un exploit particulier.
Les supporters montpelliérains avaient boycotté le déplacement organisé, mais se sont rendus individuellement au stade Gilbert-Brutus. Leur présence a contribué significativement à l'ambiance de cette soirée qui n'a d'un autre côté pas rempli l'enceinte perpignanaise, avec seulement 3 944 spectateurs sur une capacité d'environ 5 000 places. Cette fréquentation en demi-teinte questionne indirectement la stratégie tarifaire adoptée par les organisateurs.
Un précédent qui interroge pour l'avenir de la compétition
Cette situation rappelle que la Coupe de France représente une opportunité financière majeure pour les clubs amateurs. Lors des tours précédents à Agde et Montceau-les-Mines, le MHSC avait déjà reversé sa part sans contestation. Le cas perpignanais soulève néanmoins des interrogations sur l'équilibre entre rentabilité économique et accessibilité pour les supporters.
Les valeurs portées par Laurent Nicollin et son club illustrent la magie de cette compétition, où les grandes formations acceptent de soutenir financièrement les structures modestes. Cette philosophie reste essentielle au maintien du caractère populaire et fédérateur de l'épreuve nationale. Le geste montpelliérain, malgré les circonstances controversées, perpétue ainsi une tradition qui fait la richesse du football hexagonal depuis des décennies.